
'Assemblée nationale a voté à l'unanimité, mardi
11 octobre, un amendement interdisant la commercialisation des sacs
et emballages plastiques non biodégradables à l'horizon 2010,
prenant en marche le train de la réduction de l'usage des sacs de
caisse, lancé en France il y a un an seulement.
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Amendement en
faveur des biocarburants |
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ont aussi approuvé à une large majorité, avec
l'appui du gouvernement, un amendement de la
commission des affaires économiques portant la
part des biocarburants et des autres carburants
renouvelables "à 5,75 % au 31 décembre 2008, à
7 % au 31 décembre 2010 et à 10 % au 31 décembre
2015".
Cet amendement reprend dans un texte législatif
les dispositions annoncées par le premier
ministre, Dominique de Villepin, lors de son
discours sur l'agriculture, le 13 septembre à
Rennes. Les députés ont également décidé
d'appliquer "une fiscalité incitative" sur
les biocarburants pour tenir compte de "leurs
avantages économiques et environnementaux" et
de "la différence entre leurs coûts de
production et le coût de production des carburants
fossiles". – (Avec AFP.)
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Avec
cet amendement à la loi d'orientation agricole, les députés
cherchent surtout à trouver de nouveaux débouchés aux agriculteurs.
Les sacs biodégradables – fabriqués pour moitié avec de l'amidon de
maïs et pour l'autre avec un polymère (plastique) biodégradable –
pourraient à l'avenir provenir d'autres matières végétales, comme la
pomme de terre, le chanvre ou la tomate.
"C'est une très bonne nouvelle, surtout si l'on recourt à
d'autres matériaux que le maïs, trop gourmand en eau", estime
Florence Couraud, directrice du Centre national indépendant
d'information sur les déchets, une association écologiste."Le sac
en biomatériau [biodégradable] est la meilleure option après
le cabas réutilisable", précise Nadia Boeglin, chef du
département éco-consommation à l'Agence de l'environnement et de la
maîtrise de l'énergie (Ademe). La toute dernière étude de l'Ademe,
publiée en septembre 2005, conclut à la supériorité écrasante du
cabas en matière de consommation d'énergie et d'impact
environnemental, devant tous les sacs jetables (plastique, papier,
biodégradable, fragmentable). Toutefois, "lorsqu'il se révèle
nécessaire de maintenir l'usage de sacs jetables, l'emploi des sacs
biodégradables doit être fortement encouragé",
estime-t-elle.
Symboles de la société du jetable, les sacs à usage unique sont
utilisés en moyenne vingt minutes, puis incinérés ou dispersés dans
la nature – où il leur faudra jusqu'à quatre cents ans pour
disparaître. Les écologistes les accusent de dégrader
l'environnement, de polluer les océans et d'étouffer les animaux
marins.
L'ENJEU DES EMBALLAGES PLASTIQUES
La bataille pour réduire leur usage, lancée en 2003 par la
ministre de l'écologie, Roselyne Bachelot, a marqué des points. Le
nombre de sacs plastiques distribués en caisse a diminué de 20 %,
passant de 15 milliards à 12 milliards d'unités en 2004, selon le
ministère. Un succès fragile, souligne Nadia Boeglin, puisque"les
premiers pourcents de réduction sont sans doute les plus faciles à
gagner". Certaines enseignes, qui les avaient bannis, sont
revenues sur leur position, de crainte de perdre des clients. La
ministre de l'écologie, Nelly Olin, a fixé un nouvel objectif :
réduire de moitié la quantité de sacs de caisse distribués en 2006
par rapport à leur niveau de 2003.
Le sac biodégradable pourrait apporter une solution facile. Mais
il risque de semer la confusion auprès des consommateurs et
d'anéantir l'effort de pédagogie lancé depuis un an, relève Nadia
Boeglin à l'Ademe. A cet égard, l'association Consommation, logement
et cadre de vie (CLCV) a dit "rester critique"
concernant cette décision. Elle juge que "la biodégradabilité
n'est pas la solution à tous les maux", et estime qu'il
faut veiller à ce que "les consommateurs ne soient pas trompés
par l'arrivée du fameux "Néosac" tant vanté par les
industriels et dont la dégradabilité reste à prouver".
L'association demande par conséquent que la mise en place de ces
dispositions ne soit pas"supportée par les
consommateurs" et que le sac de caisse jetable soit
interdit "immédiatement", au bénéfice d'un sac réutilisable,
consigné, écologiquement performant et fabriqué en France.
Si la lutte contre le sac plastique est surtout symbolique – il
représente seulement 2 kg des 360 kg de déchets annuels de chaque
Français –, l'interdiction des emballages plastiques, également
votée par les députés, est un enjeu considérable, puisque la moitié
des 100 milliards d'emballages utilisés chaque année est en
plastique. "Il est impossible de les remplacer par des emballages
biodégradables d'ici à 2010, aussi bien techniquement qu'en termes
de délai", a réagi Bernard Hérodin, directeur général
d'Eco-Emballages, responsable de la collecte. Il observe toutefois
qu'il ne s'agit que de la première lecture de la loi : les députés
pourraient revenir sur cette disposition, qui "nécessiterait de
restructurer entièrement la filière du plastique".
"Nos compatriotes attendent des signes clairs concernant le
respect de l'environnement par les exploitants", a souligné le
ministre de l'agriculture, Dominique Bussereau, lors du débat à
l'Assemblée. "Le développement des bioénergies répond à notre
préoccupation pour l'environnement, tout en offrant des perspectives
d'avenir pour la protection agricole", a-t-il fait
valoir.