La
pêche à la crevette nordique au Canada
est sujette à des règles et des quotas
qui font que nos stocks sont abondants, bien gérés,
et que l'impact des techniques de pêche sur
l'environnement est minimisé au maximum.
Quelques pays ont adopté des lois obligeant
l'utilisation de la grille séparatrice Nordmore,
comme c'est le cas au Canada depuis 1993. Ce système
permet d'exclure les espèces non visées
par la pêche et de réduire le taux
de prises accessoires à moins de 1 %, lequel
taux est contrôlé par Pêches
et Océans Canada.(1)
Au Canada, les
niveaux de prises accessoires sont mesurés
par des observateurs gouvernementaux. Advenant que
les prises accessoires (poissons juvéniles
ou autres) pour d'autres espèces de poisson
de fond réglementées dépassent
1 %, la pêche à la crevette sera fermée
pour cette zone.(1)
Autre réglementation
canadienne; le maillage des filets doit respecter
une taille minimale pour permettre aux jeunes
crevettes, poissons juvéniles et autres
organismes de s'échapper.(2)
Ceci a pour effet de ne pas nuire au cycle de
vie de l'espèce.
La pêche
à la crevette au Canada cause tout de même
certains dommages, notamment aux coraux qui vivent
sur les fonds marins. Les coraux d'eaux froides
croissent moins vite que leurs cousins du Sud, et
sont donc encore plus sensibles à la destruction
par le chalutage de fond.(3)
Les effets du chalutage de fond sont un problème
à l'échelle de la planète et
ne sont pas exclusifs à l'industrie de la
crevette au Canada. Par contre, étant donné
que la crevette nordique est petite, le fil utilisé
est aussi plus fin. Les pêcheurs canadiens
ont donc tendance à éviter les endroits
rocailleux et riches en coraux afin de ne pas endommager
ces filets plus délicats.
L'industrie de
la crevette québécoise est en crise.
Au printemps 2006, pêcheurs et transformateurs
ont eu beaucoup de difficulté à s'entendre
sur le prix au débarquement. Une des raisons;
trop de crevette tropicale bon marché sur
le marché canadien et mondial. Ajoutons à
cela le prix du carburant qui ne cesse d'augmenter,
le dollar canadien à la hausse (ce qui rend
l'exportation difficile) et on comprend que la pêche
à la crevette locale ne soit plus rentable
pour les pêcheurs. En fait, elle pourrait
tout simplement disparaître dans les années
à venir.(4)(5)
Une certification
à titre de pêcherie durable(6)
serait grandement bénéfique à
l'industrie de la crevette canadienne. Ce genre
de certification est accordée par un organisme
indépendant lorsqu'une activité de
pêche est bien gérée, que les
stocks demeurent abondants et les impacts sur l'environnement
sont minimes. Plusieurs provinces de l'Atlantique
et du Pacifique cherchent à obtenir cette
certification. Ce processus pourrait être
facilité par l'intervention gouvernementale
et, dans certains cas, par une assistance financière.
Cette certification permettrait aux consommateurs
de mieux identifier ces produits en magasin et rendrait
la crevette canadienne plus exportable, au fur et
à mesure que la demande pour ce genre de
produit certifié augmente à l'étranger.
En 2003, la Commission
américaine sur les échanges internationaux
(ITC) reçut une pétition de la part
du 'Ad Hoc Shrimp Trade Action Committee' (un groupe
représentant les producteurs de crevettes
américains) demandant d'initier une enquête
concernant le dumping des produits de crevette tropicale
surgelés et en conserve. Cette enquête
mena à l'application de tarifs sur ces produits,
permettant de protéger les producteurs américains.(7)(8)
L'élevage
de la crevette n'est pas pratiqué au Canada.
Toutes les prises canadiennes proviennent donc de
nos eaux froides et propres. Il convient de le souligner
car ce n'est pas le cas de la crevette tropicale
d'élevage.